Intérêt des données géolocalisées issues du web social : regard critique

Les données géolocalisées émanant du web social suscitent actuellement un vif intérêt chez les géographes. Certains voient en elles un potentiel indéniable pour la recherche académique. D’autres, en revanche, se contentent d’émettre des réserves quant à leur réelle utilité. Je soutiens pour ma part que les bénéfices que nous pouvons tirer de leur analyse sont très minces, voire inexistants ; pour peu que l’on considère l’espace non pas comme une simple étendue, mais comme un véritable contenu de la relation sociale. Trois arguments que j’explicite ici me poussent à formuler une telle affirmation : les « données » « géosociales » sont (1) fabriquées de toute pièce par des sociétés privées dont l’objectif premier est d’engranger des capitaux, (2) dépourvues de contexte et de ce fait (3) uniquement interprétables en termes de position.

Geolocated data shared on the social web arouse geographers’ interest. While some of them advocate their potential for academic research, others remain less enthusiastic. I argue here that the benefits from the analyses of such data are poor, nay absent ; if Space is considered not just as a simple extent, but as a meaningful content of social interactions. In particular, I put forward three arguments to support this position : « geosocial » « data » are (1) manufactured by profit organizations, (2) contextless and consequently (3) exclusively interpretable in terms of location.

L’involution géographique : des données géosociales aux algorithmes
Geographic Involution: from Geosocial Data to Algorithms

Teriitutea Quesnot

Accès à l’article sur revues.org : https://netcom.revues.org/2545
NETCOM vol. 30, n° 3/4 (2016), p. 281-304 – Réseaux sociaux et territoire (dir. Bernard Elissalde et Françoise Lucchini).

Mise en contexte et considérations préliminaires | Rupture cartographique et néogéographies | Les enjeux des Big data pour les géographes | La place des réseaux sociaux dans la sphère des Big data | Une prise de position nécessaire | Les réseaux sociaux au service de la géographie ( ?) | Un déluge de données « géographiques » | Appréhender la spatialité humaine – et donc par extension l’espace social – à partir des données géosociales |Extraire le sens des lieux urbains | La face cachée des données géosociales | Des données a-contextuelles | Des métadonnées géographiques avant tout | Des données fabriquées de toute pièce par des sociétés privées | Remarques conclusives

 

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bernard c.

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